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Un réseau d'eau potable à Kaolack
Une convention finance un projet en partenariat avec l'AIMF et la ville sénégalaise

Une délégation officielle de la Ville d'Aoste représentée par le Syndic Guido Grimod et par le Président du Conseil communal Renato Favre, s'est rendue à la fin de février dernier au Sénégal, en Afrique Occidentale. La mission concernait l'analyse de faisabilité d'un projet en cofinancement avec l'Association Internationale des Maires et responsables des capitales et métropoles Francophones (AIMF) d'adduction en eau potable dans la ville de Kaolack, jumelée avec Aoste depuis 1962 et également membre de l'AIMF. Cette organisation créée en 1979, à Québec, avec un nombre d'adhérents qui a atteint 140 villes francophones appartenant à 46 pays, mène une intense activité de coopération décentralisée. Dans sa volonté de répondre à la transformation de ses villes membres, l'AIMF privilégie plusieurs types de soutien dans le cadre des politiques des villes membres en leur accordant, par le biais d'un fonds de cohésion, des subventions pour rénover et réhabiliter les équipements publics et pour soutenir le développement local urbain.
Kaolack ville marchande et capitale régionale développée à partir d'un important pôle de communication, le fleuve Saloum, à l'image des villes africaines, a connu une forte croissance démographique - environ 260.000 habitants - conséquence mag06-pag05d'un grand exode rural et d'un taux de natalité élevé. Cette visite sur le terrain, guidée par le Maire ainsi que les représentants du Comité de Développement et la ville de Kaolack (CODEKA) a permis de tracer un diagnostic de la ville face aux défis quotidiens de la gestion du milieu urbain, qui vont du ramassage des ordures ménagères, à la nécessité de l'extension soit du réseau des eaux usées soit du réseau d'alimentation et branchement en eau potable. A ce sujet, le territoire communal n'est pas totalement couvert par le réseau d'alimentation en eau puisque actuellement le taux de desserte, par les branchements particuliers et par les bornes-fontaines existantes, est d'environ 70%. Ce qui signifie que 30% de la population, soit environ 75.000 personnes ne bénéficient pas d'un accès décent à l'eau potable. Les femmes sont donc obligées de parcourir de longues distances pour s'en procurer aux bornes-fontaines déjà existantes ou d'acheter cher à des revendeurs privés, fournis de chariots transportant l'eau dans des fûts, le minimum vital, sans garantie de qualité.
A l'issue de la rencontre la ville d'Aoste a estimé une coopération possible avec la commune de Kaolack par le biais d'un cofinancement affecté par l'AIMF. Il s'agit de financer en 2006, par le biais d'une convention entre AIMF, ville d'Aoste et Mairie de Kaolack un service d'alimentation en eau potable, capable d'améliorer le cadre de vie d'une population d'environ 50.000 personnes.
L'estimation du coût du projet est de 110.000 ¿. La Municipalité de Kaolack supportera 20% de ce montant, soit 22.000 ¿, tandis que celle d'Aoste apportera une somme de 20.000 ¿. L'AIMF moyennera une subvention de 68.000 ¿.
Ce projet s'inscrit dans le plan de développement de la commune élaboré par le Comité de Développement de Kaolack et validé par le Conseil Municipal. L'objectif est d'alimenter en eau potable des quartiers qui ont été ciblés par la municipalité dans des zones dont le taux de branchements individuels est très faible du fait de la pauvreté des habitants qui n'ont pas les moyens financiers de payer un branchement particulier. La commune de Kaolack s'est donc fixée l'objectif de permettre un accès décent à l'eau potable dans tous les quartiers défavorisés et dans un premier temps de se consacrer à la desserte de dix d'entre eux en créant vingt bornes-fontaines à des endroits choisis avec les Comités de quartiers. Les bornes-fontaines une fois construites, tout en restant partie intégrante du patrimoine de la municipalité, seront confiées à des Comités de gestion de quartier créés sous la supervision de la Municipalité. Chaque Comité est censé signer pour chaque borne un abonnement auprès du distributeur d'eau, la Sénégalaise Des Eaux (SDE) qui a un contrat d'affermage avec l'Etat.
A la fin des travaux, ce projet portera pour l'ensemble de la municipalité le taux de la population ayant un accès normal à l'eau à 90%. Un moyen tangible d'apporter une réponse à la demande sociale, en améliorant l'équité entre les citoyens, en luttant contre les maladies hydriques et en permettant le développement d'activités économiques.

Laura Riello