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La société urbaine contre le Sida

Aoste présente au colloque de l'AIMF à Bruxelles


de Laura Riello

Un réseau qui fait vivre la francophonie dans sa diversité en rassemblant des maires de tous horizons, autour de thèmes d'intérêt commun. Une communauté de valeurs et de langues, consacrée à la promotion de la paix, de la justice, de la sécurité, de la solidarité, de la démocratie ainsi qu'au respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Dans cet esprit, plus de 80 villes ont participé au colloque organisé par l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), sur «Villes, sociétés et sida» qui a eu lieu à Bruxelles, du 11 au 13 mars 2005. Aoste, en tant que membre de l'AIMF figurait parmi ces invités.
apr05-pag09Trois jours de débats consacrés à la lutte contre un fléau qui constitue, comme le signale le rapport 2004 des Nations Unies (ONUSIDA) «une menace à la paix et à la sécurité internationale», car l'épidémie mondiale du Sida progresse et la coopération internationale prend tout son sens quand il s'agit de sauver des vies.
Inconnu il y a vingt ans, le Sida est aujourd'hui la première cause de mortalité chez les jeunes dans le monde. Le nombre de personnes vivant avec le VIH ne cesse d'augmenter (de 35 millions en 2001, à 38 millions en 2003 selon l'ONUSIDA). En 2004, près de trois millions de personnes sont décédées du Sida; plus de 20 millions depuis que les premiers cas ont été identifiés en 1981. En décembre 2003, les femmes représentaient près de 57% des personnes avec le VIH, vivant aux pays de l'Afrique subsaharienne. Dans les pays pauvres, le Sida constitue la deuxième cause (la première étant le paludisme) de mortalité chez les 15-44 ans. Les jeunes de 15 à 24 ans constituent la moitié de toutes les nouvelles infections du VIH dans le monde.
Devant le cadre sombre peint par ces données, en absence de vaccin ou de médicament capable de guérir cette maladie et des coûts des traitements médicaux inaccessibles à la majorité de la population mondiale, la prévention reste le meilleur antidote. Les 187 représentants de villes présents au colloque ont ainsi partagé leurs expériences, mais aussi les difficultés que pose la coordination de la lutte contre le VIH-SIDA en milieu urbain.
Les travaux, centrés à la fois sur le rôle des maires dans la lutte contre le SIDA, l'éducation et l'information comme vaccin, ont montré dans ce domaine, l'importance de coordonner localement les initiatives, d'en assurer le suivi et l'évaluation. Face aux conséquences de l'épidémie, les maires ont tenu à réaffirmer que leur engagement suppose la mobilisation des moyens logistiques et financiers supplémentaires que l'AIMF et ses partenaires francophones doivent contribuer à renforcer.
Le colloque de Bruxelles a aussi considéré le rôle du maire comme force de propositions et de rassemblement autour d'une cause qui dépasse largement les frontières. A l'initiative de son Bourgmestre, Freddy Thielemans, Bruxelles a également abrité les 3èmes Journées Francophones du VIH-SIDA qui a réuni praticiens, médecins et chercheurs de différents pays francophones autour d'une réflexion globale, au regard des enjeux du Sida en Europe et en Afrique. A l'issue des travaux, une recommandation a été élaborée dans la mesure où la mise en place de programmes de lutte contre le SIDA suppose «une implication des systèmes éducatifs qui doivent proposer une pédagogie susceptible de sensibiliser les jeunes et les groupes plus vulnérables tels que les femmes».
Parmi les décisions qui ont été prises par le Bureau de Présidence de l'AIMF conduit par Bertrand Delanoé, Maire de Paris, figure l'attribution de subventions pour un montant de 450.000 euros, en faveur de projets d'infrastructures urbaines et d'accès aux services de base, tels que la création d'un service sanitaire social à Bucarest (Roumanie) et l'équipement d'un centre de santé à Libreville (Gabon).